![]() |
Mars, ça repart ! |
Tout comme le pêcheur prépare ses lignes et ses vêtements avant l'ouverture de la pêche, l'apiculteur, et plus encore le débutant, doit être prêt pour ses premières interventions. On ne visite pas une colonie d'abeilles comme on entre dans une étable ! Tant qu'elles sont maîtrisées, les abeilles restent douces et tranquilles et il n'y a pas de danger. Mais si l'apiculteur ignorant ou négligeant commet une série d'erreurs, la colonie peut se transformer en une bombe vivante et piquante pour son propriétaire mais aussi pour son voisinage.
C'est la raison pour laquelle il doit préparer ses outils, ses vêtements de protection, organiser calmement son intervention, bref, mettre tous les atouts de son côté pour intervenir dans les conditions de sécurité optimales.
Cette liste n'est pas exhaustive mais est déjà suffisante pour travailler correctement. Nous conseillons de peindre de couleur vive les petits outils qui risquent de tomber et de se perdre dans l'herbe. Nous penserons à rajouter un seau avec couvercle contenant de l'eau javellisée pour désinfecter les matériels sur le terrain.
En ce mois de mars, c'est la prévisite de printemps qui nous occupe déjà par l'observation des trous de vol et ensuite par une brève visite. Certaines ruches n'ayant aucune activité, on peut en conclure qu'elles sont mortes pendant l'hiver. Il n'y a pas de quoi s'alarmer tant que le nombre de colonies mortes est inférieur à 10 %. Dans un premier temps, nous fermerons l'entrée avec les tirettes afin d'en interdire l'accès à d'éventuelles pillardes. Ces ruches seront ensuite démontées pour tenter d'en déterminer la cause. Si les abeilles sont pour la plupart fichées dans les alvéoles, le doute n'est plus permis : les abeilles sont mortes de faim même s'il reste encore quelques provisions que la colonie n'a pas pu atteindre Celles-ci sont récupérables. |
|
LE NOURRISSEMENT
Au cours de cette période, on observe que si certaines colonies possèdent suffisamment de réserves de miel, d'autres en manquent. Plusieurs paramètres sont à prendre en considération pour expliquer ces différences :
| les différentes races d'abeilles, | |
| les surfaces de couvain en cours d'élevage, | |
| les réserves de fin d'automne. |
Il est compréhensible qu'une colonie gourmande qui ne possède que peu de réserves à l'automne et qui de plus développe précocement son couvain, risque de se trouver à court de nourriture.
À l'inverse, une colonie économe, déjà bien pourvue en provisions d'automne et qui retarde son développement, sera excédentaire à la même époque. Entre ces deux extrêmes, il existe toutes sortes de situations… Comment faut-il aider les colonies en manque ?
D'abord, il faut indiquer au débutant qu'il existe 2 types de nourrissement. Le premier peut être qualifié de substitutif et correspond bien à l'idée d'aider une colonie qui manque ou va manquer de nourriture (miel). Cet apport peut être solide (candi) ou liquide (sirop). Dans ce cas, le sirop sera plutôt concentré (60 % de sucre - 40 % d'eau). L'intérêt du nourrissement solide, c'est qu'il peut être administré en hiver, au début du printemps, quelle que soit la température extérieure. Les abeilles le consomment au fur et à mesure de leurs besoins, si elles peuvent y accéder. Le sirop concentré proposé en fin d'hiver n'est pris et stocké que lorsque la température extérieure devient agréable et qu'elle permet la
sortie des abeilles.
Le deuxième nourrissement dit spéculatif est liquide. C'est une solution de sucre et d'eau à parties égales (50/50). Ce sirop, administré au printemps a le pouvoir de doper la ponte de la reine, tout en constituant quelques réserves. Les colonies qui en reçoivent trop tôt, se développent très ou trop rapidement, avec les inconvénients que nous avons évoqués en cas de refroidissement. De plus, il favorise l'essaimage de colonies trop rapidement riches d'abeilles alors que la miellée n'est pas au rendez-vous. Cette formule qui peut donner de bons résultats à certaines colonies en retard doit être utilisée avec modération et en connaissance de cause.
LA FICHE DE RENSEIGNEMENTS
Le débutant en apiculture ne se rend pas forcément compte qu'un suivi de ses colonies passe par un écrit. C'est pourquoi nous suggérons que chacun pense à mettre en place, sous le toit de chaque ruche, une fiche de renseignements. C'est elle que l'on découvre en ôtant le toit et c'est elle que l'on consulte utilement avant toute intervention. Nous vous présentons ci-dessous la nôtre, mais vous pourrez apporter votre touche personnelle à sa présentation. L'important, c'est qu'elle soit pratique à remplir et à lire. Nous y notons succinctement les informations utiles concernant :
| la ruche | |||||||
| la reine | |||||||
la situation de la colonie
|
|||||||
| l'état sanitaire | |||||||
| les traitements sanitaires. | |||||||
| l'essaimage etc… |
Dès que cette fiche sera mise en place, sa mise à jour deviendra aisée et automatique. Elle vous permettra d'un simple coup d'œil de connaître la situation de telle ou telle ruche sans perturber son intimité.
"Du premier au dernier jour, Mars nous empoisonne toujours". Cette sentence populaire doit inciter l'apiculteur pressé d'ouvrir ses ruches, à être prudent. Rien ne sert de visiter trop tôt, de pousser la ponte des reines et d'obtenir de fortes colonies avant la miellée. Elles risquent d'enclencher fin avril début mai, un processus d'essaimage que nous ne saurons pas maîtriser. Le but de l'apiculture, c'est de produire quelques kilos de miel. L'apiculteur se doit d'aider ses colonies mais en respectant le cycle des abeilles et celui des saisons. Selon que l'on soit en zone privilégiée ou non par le soleil, on visitera en gardant toujours à l'esprit l'idée que pour produire les milliers de butineuses opérationnelles, il faut environ deux mois. Prêtes à butiner avant ou après la miellée, elles sont inutiles.
Les abeilles indigènes l'ont inscrit dans la mémoire collective de l'espèce. Les perturber, c'est aller à l'encontre de ce qu'elles savent faire et à l'encontre de notre intérêt.
B. Cartel
Crédit Photos : Viviane CHONG-WING - Claude CALCAGNO
avec l'aimable autorisation de la revue
| Realization / Réalisation / Realización
/ Realisierung: Gilles RATIA Last update / Mise à jour / Actualizado el / Letzte Bearbeitung: 17/03/01 APISERVICES - Copyright © 1995-2004 |