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Apiculture en
Namibie par René Zumsteg |
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Trois
fois la superficie de l’Allemagne avec seulement 1,5 million d’habitants, des
horizons qui n’en finissent pas, l’air pur, la flore et la faune africaine sont
peut-être les premières impressions de ce pays si peu connu. Le plus surprenant
toutefois étant l’hospitalité sincère et sans égale chez les fermiers et
apiculteurs de cette ancienne colonie allemande, indépendante (de l’Afrique du
sud) depuis 12 ans.
C’est en 1998 que l’association des apiculteurs de Namibie a été fondée. C’est
bien volontiers que j’ai accepté leur invitation, interrompant mon circuit
touristique pour la journée lors de mon passage à Otijwarongo ; on voulait
parler abeilles… la suite : j’ai dû rester une semaine.
La plupart de ces apiculteurs sont des fermiers descendants des immigrants
allemands. Bonne chose, pas de problème de conversation nous parlons la même
langue !
Le premier jour nous avons veillé tard dans la nuit, il y avait tant à dire …à
l’aube mon hôte m’a emmené dans son 4x4 ; 250 km à travers la brousse (chemin
vicinal, piste ?), sur son exploitation de plus de 10.000 hectares !
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Il élève ses abeilles dans des ruches de type Langstroth ayant onze cadres au
lieu de dix ; l’abeille est plus petite que la notre, l’écartement entre les
cadres est donc en conséquence pour éviter la prolifération des ponts de cire.
A première vue cette Apis mellifera scutellata ressemble beaucoup à l’italienne.
Bien adaptée à ce climat sec, aux prédateurs de toutes sortes, cette abeille se
comporte naturellement très agressive (ou défensive selon le point de vue). Pour
l’apiculteur une bonne protection est donc indispensable.
Le plus grand prédateur des abeilles locales est le Philante apivore. Toute une
gamme de trucs et astuces est testée pour réduire les grandes pertes de
butineuses que provoque ce genre de guêpes. Par centaines ils attendent de bon
matin sur le toits des ruches la sortie des butineuses, interrompant ainsi leur
envol pour la journée. Des grillages au trou de vol évitent que lézards,
serpents, sphinx tête de mort et autres ennemis envahissent les ruches.
Les récoltes de miel sont très irrégulières. Tout dépend de la pluie. Les
dernières 18 années, il n’y a jamais eu plus de 300 ml par an dans la région. La
pluie lorsqu’elle tombe, c’est par petits orages de novembre à mars. Cette année
hors du commun, avec près de 600 ml de pluie, c’est la joie pour tout le monde
quand l’acacia (Hacky busch en africain) est en fleur. Très répandu ce buisson
assure une bonne récolte car il est très mellifère.
Lorsqu’il y a une importante miellée, cette abeille a « le don de transformer »
la majeur partie de la population de la ruche en abeilles butineuses. Le couvain
entre temps se réduit en conséquence. Les hausses sont très vite pleines, y
compris les cadres à couvain. Cette observation, j’ai pu la faire en différents
endroits. La Scutellata est, lorsqu’il y a miellée, une bonne et rapide
butineuse. Les arbustes et arbres de la région sont bons producteurs de pollen
et de nectar car leurs racines sont capables de trouver l’eau à de grandes
profondeurs.
Maintenir la race
Après les miellées commence l’essaimage ; à ce moment, il y a très peu de
couvain dans les ruches. De petits essaims l’un après l’autre quittent la ruche.
On n’essaye pas de l’éviter, ça ne servirait à rien. Après l’essaimage les
ruches sont presque vides, la nature est ainsi faite : plusieurs petits essaims
ont plus de chance de survie dans un environnement hostile, qu’un seul gros. Les
pertes d’abeilles sont compensées par la capture d’essaims ou de colonies sortis
d’arbres creux, grottes, ou de « vieilles collines » de termites. L’élevage de
reines est quasi absent. Cette race d’abeille est très rustique et ne connaît
guère de maladie. La fausse teigne toutefois est bien présente.
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Les
variétés de miel
Les miels de Namibie peuvent être clairs ou très foncés avec des arômes très
intenses. Le miel est surtout consommé à la ferme, conservé aussi pour les
années de disette, car on ne récolte pas tous les ans. Les magasins proposent du
miel importé d’Afrique du sud.
Ces apiculteurs de Namibie possèdent en moyenne une quinzaine de ruches. Leurs
connaissances en apiculture sont plutôt élevées. Dans chaque ferme, j’ai
remarqué de bonnes bibliothèques apicoles, surtout en langue allemande. Ils
connaissent très bien les plantes mellifères et leur époque de floraison.
Malheureusement, ils ne peuvent pas fabriquer la pluie ! Il faut savoir se
débrouiller seul dans cette immense solitude, car le voisin le plus proche peut
être à 150 Km voire plus.
Bonne route…
René Zumsteg