Avec l'aimable autorisation d'Api'Nature


 
Une nouvelle saison apicole

par Ambroise

Damien a 16 ans. Tout petit ; il a montré une curiosité sans limite pour les abeilles. Il faut dire qu’avec un grand-père apiculteur, il avait de qui tenir. Il sait tout sur ces insectes extraordinaires qu’il a observés avec patience et passion. Il vous raconte l’apiculture à sa façon Avec amour. Moi, les abeilles, ça me passionne. Ma sœur Magalie trouve ça complètement débile, mais elle a tort. Faut dire que sorti du maquillage et d la musique Rock, y a pas grand chose qui l’intéresse. C’est grand-père qui m’a appris à aimer les abeilles. Grand-père, c’est un type super. Dans son village, à côté de Forcalquier dans les Alpes de Haute Provence, il a quarante ruches et depuis plus de vingt ans qu’il a vendu sa pharmacie, il ne s’intéresse plus qu’à elles. Les abeilles, il les connaît mieux que personne. D’ailleurs il leur parle. Moi, je crois qu’elles doivent sûrement le comprendre parce qu’elles ne le piquent jamais.

Quand j’étais petit, j’étais sidéré de le voir dans son rucher sans gants ni masque, couvert d’abeilles et pas paniqué du tout Magalie, elle, ça lui flanquait la trouille. Moi pas. Comme il s’est vite aperçu que ça m’intéressait, grand-père a commencé à m’apprendre tout un tas de choses sur l’apiculture. « Quand je pense, il bougonnait, que ton père et ton oncle Hervé n’ont jamais voulu m’accompagner ici. Pas une seule fois, tu te rends compte ?Ah ! par contre, une tartine de mil de lavande ou d’acacia, ça ils ne l’ont jamais refusée ! Enfin…Toi au moins, tu ne me décevras pas ».

Ça fait maintenant dix ans que j’ai commencé à suivre grand-père dans tous ses travaux apicoles. L’hiver pendant les vacances de Noël et de février, au printemps pour les vacances de Pâques et l’été pendant les grandes vacances.

« Voilà mon petit apprenti » qu’il disait à tous ses copains qu’on rencontrait. Moi j’étais rudement fier, surtout quand il me faisait tenir l’enfumoir ou porter des cadres.

Petit à petit, grand-père m’a donné des responsabilités. Pas très grosses au début parce que j’étais encore petit, mais j’ai vite fait ma part. Pendant la saison froide par exemple, quand les abeilles hivernent, c’est à moi que grand-père demandait d’aller les nourrir. En effet comme en hiver il n’y a pas de fleurs et qu’il fait froid, les abeilles restent cloîtrées dans la ruches. Il faut donc les alimenter et ce qu’on leur donne dans cette saison c’est du candi, c’est-à-dire du sucre et du miel. Si on ne le faisait pas, c’est toute la ruche qui serait condamnée à mort. Pour ne pas perturber les abeilles, il faut introduire le morceau de candi avec beaucoup de précautions en faisant très attention et le poser délicatement sur la grappe des ouvrières qui gardent la reine au chaud. Tiens, saviez-vous qu’au centre de la grappe il fait une température de 30° ? Et pourtant les abeilles n’ont pas de pétrole…La première fois que j’ai réussi cette opération de nourrissent, grand-père m’a dit : « maintenant Damien, tu es un vrai apiculteur ! »Le roi n’était pas mon cousin.

Entre le 15 mars et le 15 avril, on commence par peser les ruches avec un appareil spécial qu’on appelle « pèse-ruche ». Une perte de poids importante indique une colonie faible. Quand une colonie est faible elle meurt si on ne fait pas ce qu’il faut. La meilleure solution c’est encore de la réunir à une autre pour recréer une colonie plus forte. Pour ça, il faut les transvaser d’une ruche à une autre. C’est une opération délicate qui prend entre un quart d’heure et vingt minutes. Grand-père utilise la méthode du tapotement. Il place un panier sur la ruche qui abrite la colonie à transvaser et puis il tape avec la paume des mains sur les parois de la ruche. Le bruit incite les abeilles à monter et à passer de la ruche dans le panier. Des fois, quand il y a des récalcitrantes, grand-père me demande d’envoyer quelques bouffées de fumée par l’entrée de la ruche.

Au mos de mai commence la période de plus grande activité des abeilles. Pendant trois mois les butineuses vont faire leur travail de récolte. Croyez-moi, elles abattent de la besogne, c’est pas des paresseuses !A chaque voyage elles rapportent 12mg de pollen et en une année une ruche peut emmagasiner 40 kilos de pollen. Chaque butineuse produit 5g de miel par jour, ce qui veut dire que le pot de miel qui vous sert pour vos tartines du matin représente cent jours de travail d’une ouvrière.

Une si petite bête vous vous rendez compte !

Une colonie comprend une reine, 40 à 50 000abeilles et 1 000 ou 2 000 faux-bourdons. Ces insectes sont ainsi faits qu’ils ne peuvent vivre en seuls. Ils sont en quelque sorte condamnés à vivre en société. Comme les fourmis ou les termites. L’abeille a un sens de l’orientation extraordinaire. Elle retrouve toujours sa ruche, donc sa colonie. Chaque colonie a une odeur particulière qui est sa marque personnelle.

Ambroise