Avec l'aimable autorisation d'Api'Nature
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La récolte du miel par Ambroise |
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Pour la plupart des Français, c’est la période des vacances, au bord de la mer, à la campagne ou à la montagne. Pour l’apiculteur au contraire, c’est celui du coup de collier.
Grand-père
et moi, on choisit toujours une belle journée ensoleillée et sans vent pour la
récolte. On fait ça soit le matin de bonne heure, soit en fin de soirée. A deux
on travaille mieux que tout seul, c’est pour ça que Grand-père est content que
je sois avec lui. J’envoie de la fumée dans le trou d’envol de la ruche et
Grand-père retire les cadres l’un après l’autre en les brossant doucement pour
enlever les quelques abeilles qui pourraient rester dessus.
On met les
cadres dans une caisse de récolte et quand le travail est terminé , on emporte
le tout dans le laboratoire. Là, il faut désoperculer les rayons, c’est-à-dire
enlever à l’aide d’un couteau spécial la petite couche de cire qui ferme les
alvéoles dans lesquels il y a le miel. Après, les rayons sont placés dans un
appareil appelé « extracteur ». Cette machine utilise le principe de la force
centrifuge. En tournant de plus en plus vite, elle vide les rayons du miel
qu’ils contiennent. Ce miel, projeté contre la paroi de l’extracteur, coule au
fond dans une cuve. Attention, tel qu’il est, il n’est pas consommable. On y
trouve des débris, du pollen, des fois même des pattes ou des têtes d’abeilles.
Il faut donc filtrer.
Ce miel
filtré, Grand-père le stocke dans des réservoirs métalliques en acier inox qui
s’appellent des « maturateurs ». Là- dedans, le miel va perdre une partie de son
eau et puis toutes les impuretés qu’il contient encore vont remonter vers le
haut avec des toutes petites bulles d’air. Tout ça va faire une fine couche
d’écume blanche en haut du maturateur. Ensuite il n’y a plus qu’à le mettre en
pots. Grand-père, qui est de la vieille école, ne veut pas de pots en carton ou
en plastique. Pour lui il n’y a que les pots en verre. « Même si ça coûte plus
cher, je m’en fous, je trouve que le miel est plus beau dedans ! »
Dans la
région où habite Grand-père, on pratique la transhumance. Dans la deuxième
moitié de l’été, après une première récolte, on va emmener les ruches qui
étaient en plaine ou en moyenne montagne, vers des régions boisées par exemple.
Grand-père, qui connaît des coins à bruyère, y transporte tous les ans une
vingtaine de ruches. Et vers le 15 septembre, il récolte ce qu’on nomme « miel
de callune », un miel vraiment extra. Paraît d’ailleurs que c’est celui qui a le
plus de propriétés médicales.
A la fin de
l’été’ avant que les abeilles ne rentrent en hivernage, on va aller les
inspecter une dernière fois. On examine – tiens au fait, savez-vous que le mot «
examen » vient du grec et que ça voulait dire « alvéole d’abeille » ? Encore un
truc que m’a appris Grand-père – on examine donc les colonies et on regroupe
ensemble celles qui sont trop faibles. Après ça, ce sont enfin les vacances pour
l’apiculteur. Encore que beaucoup de choses restent à faire. Aménager de
nouvelles ruches par exemple, refaire des cadres …
Moi en tout
cas, je profiterai de cette période pour voyager et aller voir ailleurs dans les
autres pays du monde comment on élève les abeilles. Il n’y a que comme ça que je
deviendrai un bon apiculteur . Sans doute qu’après le bac, je ferai une école
d’agronomie puisque Grand-père me le conseille, mais avec options apiculture.
Parce que faire de l’informatique comme papa ou relations publiques comme maman
ça ne me dit rien du tout. Et puis j’aime tellement la vie au grand air que je
me vois mal enfermé toute la journée dans un bureau. Les ruches de verre et de
béton ne m’inspirent pas….
Ambroise