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FRANCE |
| Les défenseurs de l'environnement demandent au gouvernement belge d'interdire le colza transgénique |
Des experts ont reconnu la nocivité pour l'environnement de la culture de colza transgénique
Bruxelles 28/01/2004
Une vaste coalition d'organisations de protection
de l'environnement (1) incite le gouvernement belge à
interdire la culture industrielle de colza transgénique.
Cette recommandation intervient après l'avis rendu par
les experts du gouvernement qui reconnaissent
l'existence de problèmes environnementaux liés à la
commercialisation de colza transgénique. Des essais
récents ont démontré que la culture de colza
transgénique pouvait être préjudiciable à
l'environnement (2). Le Conseil de biosécurité n'a pas
rendu un avis favorable à la demande d'autorisation
introduite par Bayer pour une plante transgénique
résistante à un herbicide produit par la même société
(3). Le Conseil a confirmé le fait que les conséquences
négatives pour la biodiversité ne peuvent pas être
contrôlées et qu'il serait, dans la pratique, difficile
de définir des directives pour les agriculteurs,
susceptibles d'être appliquées et contrôlées. Les
experts ont également admis que le colza transgénique
est une plante difficile à confiner et que l'on pouvait
difficilement prévoir quels seraient les effets à long
terme de cette culture.
La firme allemande de biotechnologies Bayer a introduit en Belgique une demande
d'autorisation pour du colza transgénique, valable pour l'Europe. Le gouvernement
belge a pour mission de vérifier la conformité de cette demande à la législation
européenne en matière de protection de l'environnement. Tant la législation
européenne que la loi belge (4) prévoient de dispositions spécifiques lorsqu'il
est question d'organismes génétiquement modifiés préjudiciables à l'environnement.
"Si le Conseil de biosécurité n'a pas rendu un avis positif, il est normal
d'attendre du gouvernement une interdiction de cette culture transgénique",
estime Karen Simal, responsable de la campagne OGM pour Greenpeace.
Le mouvement environnemental tient à rappeler aux ministres concernés par le
dossier Bayer que la population belge s'est toujours montrée largement opposée
aux organismes génétiquement modifiés et qu'il est fort probable qu'elle comprenne
difficilement que ce soit la Belgique qui ouvre la voie des cultures transgéniques
en Europe.
Notes
aux journalistes :
Un document sur le colza transgénique rédigé par Les Amis de la Terre et Greenpeace
est disponible en version anglaise sur les sites : http://www.foeeurope.org/
et http://www.greenpeace.be/.
Le premier de ces sites donne également accès à une Lettre ouverte envoyés par
les deux organisations aux ministres belges.
(1) Font partie de la coalition Greenpeace Belgique, les Amis de la Terre Europe,
Velt, Nature et Progrès Belgique, Wervel, CAGE, Bond Beter Leefmilieu, Inter-Environnement
Wallonie, Natuurpunt et Natagora-Aves.
(2) Des études comparatives ont été récemment effectuées en Grande-Bretagne.
Leur objectif était d'évaluer l'impact des cultures de colza transgénique et
conventionnel sur l'environnement. Ces études établissent que la culture de
colza transgénique est préjudiciable à l'environnement. Des experts indépendants
ont démontré que les abeilles et les papillons étaient moins bien représentés
dans les cultures transgéniques suite à une présence moindre de mauvaises herbes
et de plantes sauvages. Il a également été démontré que l'on trouvait moins
de semences de mauvaises herbes dans les champs de colza OGM. Les réserves de
nourriture de petits mammifères, d'insectes et d'oiseaux s'en trouvent affectées,
particulièrement en hiver. Pour consulter ces études : http://www.defra.gov.uk/environment/gm/fse/index.htm
(3) L'avis du Conseil de biosécurité vient d'être rendu public : http://www.conseil-biosecurite.be/
(4) Une entreprise qui souhaite mettre une plante transgénique sur le marché
doit apporter des nouvelles informations quant aux risques encourus pour l'environnement.
Ceci est certainement valable pour le type d'informations que les études britanniques
ont mis en évidence. Bayer doit adapter son dossier de demande d'autorisation.
L'entreprise est tenue de préciser quelles mesures elle compte prendre pour
protéger l'environnement contre les effets nocifs nouvellement démontrés. Les
conditions pour la mise sur le marché du colza doivent être également revues.
Les autorités doivent de plus traiter cette demande de commercialisation sous
l'angle du principe de précaution. Cf. Article 18 de l'A.R. du 18 décembre 1998;
article 13, poin 6 et article 20, point 2 de la Directive 2001/18/EG et l'Article
4, point1 et 3, considération 8 de la Directive 2001/18/EG. Consultez également
la lettre ouverte transmise aux ministres Van den Bossche et Demotte, disponible
via le service de presse.