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FRANCE |
| La cuvée des miels 2003 est plus que rare, sécheresse oblige |
Printemps humide, été trop sec. Les abeilles ont souffert l'année dernière. La récolte 2003 de miel est plus que mince. La plus faible depuis deux décennies selon les apiculteurs.
8/01/2004
Pierre Beltramo,
qui dirige à Saint-Vincent-Bragny, la Miellerie du Pays charolais le
réaffirme avec vigueur : « Le miel est un produit 100 % naturel
qui ne nécessite aucun additif pour être au mieux de sa forme. Et,
aujourd'hui, dans le milieu agroalimentaire, c'est rare. » Quant à
savoir si le miel possède toutes les vertus thérapeutiques qu'on veut bien
lui octroyer, il joue un joker : « Je pense que chacun y trouve ce
qu'il y cherche. C'est un produit de qualité, qui est bon pour la santé.
Et qui se suffit à lui-même. »
Le miel ou. les miels ? Parce
qu'à la lecture des étiquettes, on découvre une multitude de variétés
répartis en trois groupes : le miel de grandes cultures, le miel
toutes fleurs et le miel de crus. Si le premier se récolte sur les champs
de colza et de tournesol, le second est celui que les abeilles vont créer
après butinage des prairies. Quant au miel de crus, il est plus spécifique
et porte l'étiquette acacia, châtaignier, sapin, ou chêne.
Le plus
prisé sur la région, c'est le miel d'acacia, « parce que c'est un
miel de terroir, culturellement ancré dans notre patrimoine. C'est un miel
très clair, c'est aussi le plus fin de tous, celui que les connaisseurs
apprécient », explique le patron de la Miellerie. Le miel d'acacia,
c'est comme un grand bordeaux. On y trouve des arômes qui, d'une saison à
l'autre, évoluent.
Curieux aussi, le miel de miellats. A la base, il y
a un puceron qui dévore les feuilles de chênes et de châtaigniers et qui
régurgite. Les abeilles en prélèvent le sucre et fabriquent un miel très
brun, malté et très apprécié des connaisseurs. On en trouve difficilement,
la production n'étant pas très conséquente. Le miel de prairie reste une
production majeure, notamment en Charolais-Brionnais où l'on est loin des
cultures intensives dopées aux pesticides. « On évite le miel de
tournesol à cause du Gaucho », précise Pierre Beltramo. Au fil de la
dégustation on retrouve les senteurs de trèfle blanc, de ronce ou
d'aubépine. Un apport très discret, mais qui a son importance et qui
consacre la touche finale. En 2003, la ronce n'a pas été au rendez-vous, à
cause de la chaleur, on y perd en saveurs.
Les miels de Saône-et-Loire
ont leur spécificité, qui n'ont rien de comparable avec celles des
productions du Jura, plus foncées, plus amères aussi. C'est un vrai
produit de terroir et si la labellisation n'est pas encore de règle, il
n'empêche que les quelque 2.000 bergers des abeilles de l'Hexagone sont
les gardiens d'un concept de pureté et de qualité.
Michel SARRASIN